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Par : Caroline
Publié : 30 mars 2012

La maternelle

Je me questionne beaucoup sur les mérites comparés de l’école maternelle française et la classe maternelle québécoise.

Au Québec les élèves rentrent en maternelle quand ils ont 5 ans en septembre. Celui qui a 5 ans en octobre passe une année de plus à la garderie et retente sa chance l’année suivante. Il y a long à payer pour les parents en attendant la gratuité de l’école ...
Imaginons un enfant québécois né à l’automne, il arrive pour sa première rentrée en maternelle à presque 6 ans. L’enfant français né à l’automne attaque, à presque 6 ans, sa quatrième rentrée puisqu’il rentre en CP !!! Quel écart !
Au bilan, au Québec, quand vient le temps d’apprendre à lire (première année), on a des élèves plus vieux et plus matures. A mon avis, plus prêts à démarrer en lecture.
En revanche ... (ben là, comme on dit par icitte, ne croyez pas que je ne vais pas défendre un peu mon système !) nous possédons en France une chose merveilleuse : l’école maternelle ! Et c’est en m’éloignant que j’ai pu mesurer tous les avantages de cette école. Allons-y !
Tout d’abord les enfants passent trois ans entre nos mains expertes, années durant lesquelles nous leur parlons du matin au soir en bon français, nous les faisons parler, nous enrichissons leur vocabulaire, nous leur lisons des milliers d’histoires, nous leur faisons écrire des textes (oui, oui !), nous leur donnons à voir des choses différentes de ce qu’ils voient à la maison, nous leur mettons entre les mains toutes sortes d’outils scripteurs (et ce n’est pas un gros mot), nous leur apprenons à écrire, nous les faisons compter, dénombrer, calculer, réfléchir, nous leur faisons faire de la motricité chaque jour, nous leur apprenons à se comporter en groupe, nous leur apprenons à devenir élève. Et j’en passe ...

Alors on peut imaginer que nos collègues québécois ont du mal à faire cela en une année. Il faut déjà du temps pour que la classe s’organise en début d’année. Pour quelques enfants moins favorisés, c’est la première fois qu’on leur lit des histoires, ils ne savent qu’il faut regarder le livre pendant qu’on lit. Le graphisme est une découverte et le retard se fait sentir en début de première année par rapport aux petits français. La motricité n’a pas beaucoup de place et se fait en classe lors de quelques ateliers. En revanche, le paquet est mis sur la phonologie et les résultats se ressentent en début de première année.

Alors vive l’école maternelle française MAIS avec des conditions décentes !
Ici au Québec, l’effectif d’une classe maternelle ne dépasse pas 20 enfants (15 par classe actuellement dans mon école). En France, pas de quotas, on peut dépasser 30 élèves par classe. C’est presque de la maltraitance.

Alors quoi ? On tient un bon concept mais on est près de nos sous.

Dommage !

5 Messages

  • La maternelle

    Avril 2012, par Muriel

    Très intéressant !
    Avec plus de 30 élèves par classe, on n’a eu aucun scrupule à faire partir Côme et Clément une semaine en vacances avec leurs grand-parents !
    1 de moins c’est toujours ça de pris pour les maîtresses !

    • La maternelle

      Avril 2012, par Manuel

      Salut les Thylons,

      Exactement, comme on dit :
      Si cela ne gagne pas, cela débarrasse !

      En plus, si c’est pour aller s’occuper des poulets en Seine et Marne, c’est pour la bonne cause.

      Bises à vous 5 et à bientôt.

      Manuel

  • La maternelle

    Avril 2012, par Martine Moyen

    Excellente analyse encore une fois, Maîtresse !
    J’aimerais partager ce constat qui contribuerait à la réflexion du groupe qui travaille à l’arrimage des deux ordres d’enseignement (préscolaire/primaire) à notre commission scolaire. Déjà , ce groupe a observé le décalage énorme entre ce que le MELS a prévu comme progression des apprentissages. Pour y pallier, nous nous penchons sur des modalités en écriture et en lecture qui faciliteraient ce passage pour les élèves.
    Je n’ai pas la prétention de croire que nous pourrons substituer à trois ans de formation, mais je crois que cette première expérience de réflexion conjointe permettra un investissement productif.
    ( Collègues français, avez-vous remarqué combien la sémantique scolaire se rapproche de celle du monde des affaires ? )

    • La maternelle

      Avril 2012, par Caro

      Je suis prête à partager mes réflexions afin que tous ceux qui ont permis cet échange fassent une sorte de ..retour sur investissement !

  • La maternelle

    Avril 2012, par

    Si tu savais combien de choses j’aimerais faire avec mes élèves dans une journée...

    Effectivement, 1 an, c’est bien peu !

    Ta collègue du présco

    Annie